Ce que les parents doivent savoir
Wolverine est un jeu d’action mettant en vedette le mutant le plus populaire de l’univers Marvel, Wolverine (c’est sûr que le titre aidait à deviner). On y incarne donc le mutant canadien dans un univers alternatif où Charles Xavier et ses X-Men n’existent pas. Le héros aux griffes d’acier (ou d’adamantium pour être plus précis) travaille donc avec Team X, une équipe composée de Sabretooth et Mystique et menée par le mystérieux Nathaniel Essex.
Wolverine est un jeu d’action linéaire, dans lequel on progresse de niveau en niveau (le titre comporte 30 niveaux). Au fil des niveaux, on peut trouver des récompenses secrètes cachées; des coffres remplis de matériaux qui nous permettent d’acquérir de nouveaux costumes ainsi que des bouteilles de whisky qui nous permettent d’améliorer les compétences passives de notre héros.
On peut également trouver des portes cauchemar, qui nous proposent certains défis: survivre à des vagues successives d’ennemis, éliminer tous les ennemis dans un temps limité ou parcourir un niveau aussi rapidement que possible. En complétant ces niveaux, on améliore également nos compétences passives, mais on en apprend davantage sur le passé de Logan/Wolverine qui souffre d’amnésie.
On améliore également notre personnage en montant de niveau, ce qui nous permet de débloquer de nouvelles techniques de combat et de les améliorer. Pour monter de niveau, on doit battre des ennemis ou détruire certains éléments du décor.

Les combats représentent le coeur du gameplay de Wolverine. Au début, notre arsenal est assez limité; on peut asséner des coups de griffes à nos ennemis, les botter ou sauter vers eux. On peut également bloquer les coups et riposter, ou rouler pour les éviter. Au fur et à mesure qu’on progresse, de nouvelles options s’ajoutent; on peut envoyer des projectiles, lancer nos ennemis ou les étourdir avec des coups plus puissants.
Certaines zones nous permettent également d’être plus furtifs, mais soyons honnêtes; Wolverine n’est pas vraiment le genre de type à préférer la furtivité, et vous serez sûrement vite découverts, sans que ça n’ait trop de conséquences sur votre succès.
Mis à part quelques niveaux de poursuite en moto, on se déplace dans l’univers de Wolverine à pied, ou en sautant d’obstacle en obstacle. Dotés de sens ultra-aiguisés, Wolverine suit une trace bleue qui représente son odorat pour trouver son chemin.
Détails
Niveau d'expérience nécessaire
| Age | 3+ | 7+ | 12+ | 16+ | 18+ |
|---|---|---|---|---|---|
| Débutants | ![]() |
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| Intermédiaires | ![]() |
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| Expérimentés | ![]() |
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Évaluation
Wolverine est absurdement violent. Notre personnage se fait brûler vif, poignarder, taillader, crever les yeux… et il le rend bien à ses adversaires. Le sang coule à flots. On flirt avec le film d’horreur.
Les personnages féminins sont relativement sexualisés, mais il n’y a rien d’explicite.
Les mots utilisés sont faciles à comprendre, et le jeu nous demande peu de lecture, tout étant doublé par des acteurs. Toutefois, les personnages utilisent un langage assez coloré.
Au final, Wolverine défend les innocents, mais ses méthodes pour y arriver sont plutôt brutales. Pour citer le mutant lui-même «Je suis le meilleur dans ce que je fais, et ce que je fais n’est pas très gentil».
Au plus haut niveau de difficulté, Wolverine offre un certain défi, mais la difficulté est très ajustable, et il y a beaucoup de manières d’adapter le jeu pour les personnes aux prises avec des limitations motrices.
Pour la durée de vie et la rejouabilité proposée, Wolverine est trop cher, à notre avis.
Modes de jeu locaux
Il y a un mode histoire solo.
Modes de jeu en ligne
Aucun.
Extensions (DLC)
Certains costumes optionnels sont offerts avec l’édition deluxe. Pour le moment, aucun autre contenu additionnel n’a officiellement été annoncé, malgré les rumeurs.
Notre avis
Si vous suivez même légèrement l’actualité vidéoludique, vous avez probablement déjà vu et entendu une tonne d’opinions sur le nouveau titre d’Insomniac (studio auquel on doit également les jeux de Spider-Man sur Playstation 5). En effet, Wolverine a fait couler beaucoup d’encre et a eu droit à des critiques acerbes.
Je tenterai ici d’amener un regard plus posé sur le titre.
Wolverine n’est pas un jeu parfait, loin de là, mais je crois surtout qu’il souffre des attentes extrêmes causées par le fait qu’il s’agit d’une des sorties exclusives phares de Sony cette année et parce qu’il s’agit d’un nouveau jeu dans l’univers Marvel par un studio qui nous a habitué à un grand niveau de qualité avec ses titres de la série Spider-Man.
En effet, si on compare Wolverine à Spider-Man, les aventures du mutant canadien souffrent de la comparaison. Wolverine est beaucoup plus linéaire que Spider-Man, et la durée de vie est beaucoup plus courte.
Je ne pense pas que Wolverine DEVAIT être un jeu en monde ouvert. En fait, je crois même que Wolverine est un personnage qui se prête moins à un tel type de jeu; il est plus limité dans ses déplacements, et c’est moins intéressant de le voir évoluer uniquement dans un milieu urbain.
De plus, l’histoire de Wolverine nous amène aux quatre coins du monde, du Canada au Japon, ce qui serait plus compliqué avec un monde ouvert.
Mais niveau linéaire ne rime pas nécessairement avec exploration limitée. On aurait pu imaginer des niveaux plus vastes, qui nous demandent d’explorer pour en découvrir les secrets. Ici, les niveaux sont très restreints, et les récompenses cachées sont indiquées par une immense aura bleue qui rendent presque impossible de les rater.

On aurait aussi aimé avoir plus de moyens de progresser dans les niveaux. On pourrait imaginer un gameplay qui nous permettrait de foncer sur nos ennemis de façon agressive, ou plutôt d’utiiser l’environnement à notre avantage. Après tout, dans les cinématiques, on voit par exemple Wolverine couper les liens attachant des tuyaux pour les faire tomber sur les adversaires. Pourquoi ne pas nous permettre de le faire dans le jeu?
Dans les premiers niveaux, le jeu est très très facile, même au niveau de difficulté le plus élevé. On comprend que les développeurs ont voulu commencer doucement pour permettre aux joueurs moins expérimentés d’embarquer dans l’expérience, avant de rehausser le niveau. Mais l’ennui, c’est que ce niveau de difficulté absurdement facile a donné mauvaise presse au titre. Tout le monde partage la première mission en moto, l’un des tout premiers niveaux du jeu, où on nous demande de rattraper un camion ennemi en moto. L’ennui, c’est que les garde-fous sur le bord de la route nous font «rebondir» vers le droit chemin, et notre moto avance toute seule, si bien qu’on peut déposer la manette et regarder le niveau se compléter par lui-même, lentement mais sûrement.
Ce n’est vrai que dans cette mission. Dans une poursuite en moto qui a lieu beaucoup plus tard dans l’aventure, je suis mort plusieurs fois consécutives lors de la poursuite. Mais pour plusieurs joueurs, il sera trop tard et leur idée sera faite.
Les combats sont un tantinet répétitifs, mais nous n’en tenons pas rigueur à Wolverine. Ça vient avec le genre des beat ’em-ups, en fait, c’est un reproche qu’on adresse à ce type de jeu depuis les années 80, et on s’imagine mal que quelqu’un trouve la solution miracle de sitôt. En fait, à notre avis, Insomniac s’en tirent même admirablement bien; on continue d’ajouter de nouvelles techniques à notre arsenal au fil de l’aventure, si bien que le combat continue de changer au fil de la quinzaine d’heures que dure l’aventure.
Insomniac ont particulièrement bien captée l’essence animale de Wolverine. En tant que héros, Wolverine n’est pas un guerrier calme et noble au-dessus de la mêlée; il est plutôt un animal sauvage qui le devient de plus en plus au fur et à mesure que la rage l’envahit et que le sang remplit son regard. C’est parfaitement bien représenté dans le jeu; plus on attaque d’ennemis, plus on remplit notre barre de rage (qui nous sert également à nous ressuciter si on subit trop de dégâts). Quand notre rage atteint un niveau suffisamment élevé, Wolverine entre dans une rage aveugle; l’image perd sa couleur et sa clarté, et Wolverine bondit d’un ennemi à l’autre, sans réfléchir, déchiquetant tout ce qui se trouve sous ses griffes. Même après 10 heures, ça restait jouissif (et un peu dégoûtant).
Il nous faut parler de l’histoire, à la fois le meilleur et le pire de ce Wolverine. Le scénario en tant que tel est déconcertant. On nous propose une relecture assez intense de la mythologie des X-Men, un monde sans Charles Xavier, Magneto, Cyclops, Storm, en fait, sans les X-Men eux-mêmes. Le titre, en fait, se concentre surtout sur l’histoire d’amour entre Jean Grey et Wolverine, ainsi que sur la relation entre Wolverine et Essex.
C’est une énorme déviation par rapport au canon habituel, qui pourrait être intéressante si elle servait un propos. Mais même après avoir complété l’histoire dans son entièreté, je me demande encore ce qu’on essayait de raconter. C’est un changement pour un changement, mais sans que ça ne serve un réel propos. L’histoire n’est pas non plus particulièrement enlevante. Une étrange parenthèse où on poursuit les ninjas de la Main pour récupérer un artéfact magique occupe environ le tiers de l’histoire, mais quand les ninjas disparaissent, on ne les revoit plus et on se demande pourquoi on a passé tant de temps à se frotter à eux et leurs shurikens.
Mais de l’autre côté de la médaille, le jeu d’acteur est remarquable. On connaît déjà bien Troy Baker, mais son rôle de Nathaniel Essex nous permet de découvrir une facette de son jeu qu’on ne voit que très rarement. Et Liam McIntyre livre une performance formidable dans le rôle-titre. Certains ont dénoncé qu’il n’a pas un visage assez intimidant pour incarner Wolverine, mais de mon côté, j’ai complètement embarqué dans la proposition. Il nous livre un homme en colère, triste et plein de conflits. Wolverine, quoi.
On comprend que certains seront déçus de la durée de vie et de l’étendue plus limitée de cette proposition. Et à 89,99$, c’est tout à fait défendable. Wolverine nous a offert une expérience agréable, mais le prix est trop élevé pour ce qui est offert.
Notre verdict final? La haine d’une certaine frange du commentariat vidéoludique me semble exagérée. Avec ce Wolverine, Insomniac nous offre un jeu imparfait, oui, mais certainement pas dénué de qualités. Je suis content d’avoir vécu cette expérience? Mais est-ce que j’aurais payé le plein prix? Non.
Attendez quelques mois, comme tous les jeux first party de Sony, le prix baissera. À 89,99$, ça ne vaut pas le coût. Mais à 39,99$? Vous passerez un très beau week-end.


