L’ addiction aux jeux vidéo: Départager le vrai du faux! Partie 2

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 Deuxième partie

Dans la première partie de cet article, que je vous invite à d’abord consulter sur le lien ici présent… Nous avons démystifié le concept d’addiction, ainsi que l’évolution des critères diagnostiques du Trouble du jeu.

Maintenant que nous comprenons mieux le quoi et le pourquoi, essayons de mieux comprendre le comment. Ainsi, comment se développe un Trouble du jeu et surtout, comment bien l’identifier afin d’intervenir rapidement et d’aller chercher les ressources nécessaires.

Il est important de bien porter attention aux habitudes de jeux
de nos enfants et de nous-même.

Quels comportements vérifier chez nos jeunes?

Malgré qu’une faible proportion de la population générale souffre du Trouble du jeu, il est possible d’avoir des symptômes présents qui engendre des problèmes de fonctionnement. Les joueurs de jeux vidéo et leur famille doivent alors être attentifs au temps consacré au jeu, en particulier lorsque les joueurs excluent d’autres activités quotidiennes, ainsi qu’à tout changement dans leur santé physique ou psychologique et dans leur fonctionnement social qui pourrait être attribué à leur comportement de jeu.

Plus spécifiques, certaines études ont identifié quatre critères validés scientifiquement dans les comportements à risque d’addiction des joueurs :

1)   La perte de contrôle du joueur : 

Une perte de contrôle et de fonctionnement dans son quotidien, ex : ne plus manger, ne pas dormir…

2)  La perte d’intérêt ou l’abandon des activités antérieures :

Une perte à cause d’un usage excessif et problématique des jeux vidéo. Plus une personne perd intérêt dans ces activités antérieures, plus les symptômes de gravité du Trouble du jeu sont sévères.

3)  Une poursuite de l’utilisation excessive des jeux malgré la connaissance et la prise de conscience des dommages :

Plus une personne décide consciemment de continuer l’utilisation des jeux vidéo, malgré des dommages sociaux, familiaux, physiques… plus les symptômes de gravité du Trouble du jeu sont sévères.

4)  Mise en danger ou une perte d’une relation importante, d’un emploi ou des études :

Ce symptôme n’est pas fréquemment présent, mais démontre un signe d’addiction comportemental grave et nécessite une intervention rapide.

Certains comportements de jeux ne sont pas nécessairement problématiques ou ne concernent pas un dépendance aux jeux.

Quels comportements ne sont pas problématiques dans les jeux vidéos? 

1)  L’addiction à Internet :

Les jeux vidéo en ligne et les jeux vidéo non connectés à Internet peuvent être inclus dans le Trouble du jeu. L’addiction à Internet (médias sociaux, pornographie, jeux de hasard…) est une addiction distincte de celle des jeux vidéo et ne fait pas partie du Trouble du jeu.

2)  Le temps passé à jouer :

La quantité de temps passé à jouer ou la fréquence de jeu ne sont pas des critères diagnostiques du Trouble du jeu. Ainsi, le temps consacré à jouer dépend majoritairement de facteurs sociaux, tels que le temps libre, le nombre d’activités externes au jeu, le temps passé en famille…

3)  La fixation sur un seul jeu :

Être passionné par un jeu vidéo ne signifie pas que la personne est en addiction aux jeux vidéo. Ainsi, pour être considéré comme problématique, les préjudices doivent être entraînés par tous les types de jeux vidéo, et pas un seul jeu (Leouzon, 2018).

L’addiction aux jeux vidéo: quelles sont les conséquences?

Plusieurs conséquences mieux étudiées peuvent être observées chez les individus en situation d’addiction ou de jeu pathologique. Tels que :

–         une santé physique détériorée;

–         un bien-être émotionnel dégradé;

–         une vie sociale limitée;

–         les performances scolaires globales;

–         une capacité d’attention réduite;

–          une diminution du contrôle des impulsions;

–         l’absentéisme scolaire;

–         l’omission des devoirs au profit des jeux vidéo;

–         de moins bonnes capacités de lecture et d’écriture;

–         un effet négatif sur la vie sociale physique/en personne;

–         des méthodes de communication difficiles en temps réel (Jhee, Ting et Woo, 2019).

Ces conséquences peuvent être présentes chez les joueurs souffrant du Trouble du jeu, mais ne sont pas des signes du Trouble. Ainsi, un jeune dont la santé physique est détériorée ou qui a des difficultés de communication n’est pas nécessairement en addiction aux jeux vidéo.

L’évaluation des risques permet une intervention rapide
lorsque nécessaire

Comment évaluer le risque d’addiction de nos jeunes?

Il est parfois difficile de prendre conscience de nos mauvaises habitudes de vie et de nos comportements à risque de danger et d’addiction. Ainsi, que ce soit pour le bien-être de nos enfants ou pour notre propre sécurité, il est important de prendre le temps régulièrement d’observer nos habitudes de jeu.

Pour une évaluation des comportements en liens avec le jeu vidéo :

–         Le Internet Gaming Disorder Scale–Short-Form (IGDS9-SF) a été créé par Pontes et al., 2015 est a été le premier outil psychométrique bref et standardisé pour évaluer le trouble du jeu sur Internet (TJI) selon ces neuf critères suggérés par l’American Psychiatric Association dans la dernière édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5).

L’IGDS9-SF comprend 9 items reflétant les neuf critères du trouble du jeu sur Intertnet, tels que définis dans le DSM-5.

Il est accessible gratuitement en anglais ou d’autres langues (pas encore en français malheureusement) à des fins d’usage personnel pour une autoévaluation sur le site officiel : https://www.halleypontes.com/igds9sf

–         Le questionnaire en ligne pour évaluer les comportements des joueurs et les impacts sur la santé mentale : https://do-i-play-too-much-videogames.com/survey/wznn9s7zcy7r/8yr8wul6lop4

–         Problem Video Game Playing (PVP) est un auto-questionnaire permettant de mesurer les problèmes associés aux jeux vidéo. Ce questionnaire, composé de 9 items, intègre les dimensions suivantes : la préoccupation, la tolérance, la perte de contrôle, la poursuite, le manque, la fuite, les mensonges, les actes illégaux, les perturbations familiales et/ou scolaires. Il est composé de 9 items côtés sur une échelle dichotomique : 1 « oui », 2 « non ». 

Pour une évaluation des comportements en lien avec Internet en général :

–         L’Internet Addiction Test (IAT) est un auto-questionnaire qui estime dans quelle mesure Internet affecte différents aspects de la vie quotidienne d’une personne. Selon certains auteurs, l’IAT est le questionnaire le plus souvent utilisé pour diagnostiquer l’usage problématique d’Internet ou l’addiction à Internet. L’IAT comprend 20 items cotés sur une échelle de Likert à 6 points, allant de 1 « rarement » à 5 « toujours » avec 0 « ne s’applique pas ».

Conclusion

L’on peut observer que les critères pour avoir le diagnostic clinique-médical de Trouble du jeu sont encore mitigés. Néanmoins, certains comportements ont été identifiés comme réellement problématiques. Il est alors important de porter attention à ces comportements chez vos enfants-adolescents ou vous-même, afin d’éviter les conséquences de l’addiction.

En espérant que cet article vous a aidé à démystifier ce qu’est l’addiction aux jeux vidéo et de comment identifier cette addiction ou les comportements à risque afin de bien intervenir, tout en gardant en tête qu’une très faible partie de la population de joueur est réellement considéré comme « accro/dépendant » aux jeux vidéo.

Dre Elsa Brais-Dussault/ LudiPsy

À propos de Elsa Brais-Dussault, psychologue

Psychologue et passionnée de jeux! Les jeux vidéo, les jeux de société, les jeux de rôles et les GN... J'ai fondé la plateforme LudiPsy: santé mentale et ludification pour mettre de l'avant l'intégration de la ludification dans la pratique en santé mentale.

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