Ce que les parents doivent savoir
La série Fire Emblem est une série de jeux de rôles stratégiques de longue date: Fortune’s Weave est le 18e épisode, et le tout premier épisode est sorti en 1990 sur NES (mais la série n’est arrivée en Amérique du nord qu’en 2003 sur Game Boy Advance).
Fire Emblem: Fortune’s Weave suit les traces de Fire Emblem: Three Houses, sorti sur la Switch originale en 2019. L’histoire se déroule d’ailleurs dans le même univers, mais sur un continent voisin.
On y incarne un personnage qu’on crée nous-même (son nom canonique est Eshmel, mais vous pouvez le nommer à votre guise), un héros créé magiquement pour rétablir l’équilibre dans le monde, et il y a fort à faire, parce qu’à votre réveil, toute civilisation a pratiquement été anéantie par les forces du mal. Vous devez donc retourner dans le passé et changer le destin de quatre héros (Cai, Dietrich, Theodora et Leda) dont le chemin s’est croisé il y a quelques années lors d’un tournoi guerrier, mais qui ont malheureusement tous péri. Vous devez intervenir pour changer leur destin et vous assurer qu’ils seront à vos côtés pour combattre le mal et changer l’avenir.
Pour une rare fois, Fire Emblem: Fortune’s Weave propose deux types de combats. Il y a tout d’abord les combats tactiques habituels dans la franchise. Vous contrôlez chacune de vos unités sur une grille vue d’en haut, un peu à la manière d’un jeu d’échecs. Chaque unité dispose de ses propres forces et faiblesses, et les armes qu’elle utilise sont puissantes contre certains types d’ennemis mais faibles contre d’autres. Par exemple, un guerrier volant à dos de Pégase sera facilement mis à terre par un archer, et un guerrier dans une épaisse armure verra les coups d’épées rebondir sur sa cuirasse, mais sera cuit vivant par les sorts des sorciers.
Le terrain a également son influence; on évite plus facilement les coups quand on est dissimulés dans la forêt, une unité à cheval se déplace difficilement dans le sable, et ainsi de suite.

Chacun des personnages doit être entraîné au fil des combats. Chaque assaut auquel on survit, chaque allié qu’on guérit et chaque ennemi vaincu nous donne de l’expérience qui nous permet de monter de niveau, et d’améliorer nos capacités (la distribution des points est aléatoire, et peut grandement influencer l’utilité d’un personnage au fur et à mesure que l’on progresse). On peut également acheter et améliorer les armes que l’on attribue à nos combattants pour les rendre plus redoutables en combat.
Les relations interpersonnelles donnent également un coup de main à nos unités lors des combats. En combattant côte-à-côte ou en participant à des activités ensemble hors des combats, les personnages peuvent améliorer leurs liens entre eux. Quand ils se retrouvent près d’un personnage avec qui ils ont des liens de qualité lors d’un affrontement, leurs performances seront meilleures, et ils pourront même être protégés d’un coup fatal.
L’autre type de combat se déroule dans les nombreux donjons qu’on peut explorer au fil de notre aventure. Dans les donjons, tant l’exploration que les affrontements prennent la forme d’un jeu de rôle tour par tour plus traditionnel (pensez à Final Fantasy ou Persona, par exemple). On choisit nos attaques, l’adversaire choisit les siennes, et on tente de s’en sortir avec le moins de dégâts possible. On peut également faire des attaques en équipe avec nos alliés.
Sinon, entre les combats, on est libres (durant le premier acte, du moins) d’explorer la capitale, Dagsion, et l’ensemble du continent de Dagda. À Dagsion, on peut mener une foule d’activités: on peut s’entraîner pour améliorer le maniement de certaines armes par les unités de notre choix (même si nos unités sont prédisposées à certains types de combats, rien ne nous empêche de les former à d’autres armes), aller au théâtre ou dans les bains thermaux, faire du bénévolat dans les temps.
Mais surtout, on peut améliorer nos liens avec les autres combattants qui se trouvent dans la capitale pour les Heroic Games et qui accepteront de rejoindre nos troupes si on se lie d’amitié avec eux. Pour ce faire, on doit leur offrir les cadeaux qu’ils préfèrent, les inviter au théâtre ou encore les inviter à partager des repas. Éventuellement, certains d’entre eux accepteront notre offre de recrutement ou nous proposerons une quête à remplir avant de rejoindre nos rangs.
On est libres de compléter l’histoire d’un seul ou de tous les protagonistes avant d’entamer les deux actes finaux. Évidemment, plus on a complété et «sauvé» de protagonistes, plus notre armée sera nombreuse et puissante, et mieux nous serons équipés pour faire face aux forces démoniaques et sauver le monde.
Détails
Niveau d'expérience nécessaire
| Age | 3+ | 7+ | 12+ | 16+ | 18+ |
|---|---|---|---|---|---|
| Débutants | ![]() |
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| Intermédiaires | ![]() |
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| Expérimentés | ![]() |
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Évaluation
Fire Emblem est un jeu de guerre, et si on ne voit pas de sang à proprement parler, il est établi clairement que les unités meurent au terme des affrontements, et on doit tuer des créatures mais également des humains pour progresser. Certains personnages utilisent une arme ressemblant grandement à un pistolet.
Il y a de la romance et des sous-entendus de nature sexuelle, mais pas de scènes de nudité ou de sexe à proprement dit. Plusieurs personnages féminins portent des costumes très révélateurs.
Comme les voix ne sont pas disponibles en anglais, il faut savoir lire pour pouvoir comprendre l’histoire. Il faut également savoir lire pour comprendre les tableaux qui nous présentent les dégâts à l’issue de nos combats, et pour comprendre les différentes capacités des unités. On utilise beaucoup de termes inventés propres à cet univers.
Nos personnages s’unissent pour vaincre le mal, mais certains sont plus gris éthiquement que d’autres. Certains personnages parlent de leur amour pour l’alcool, et on peut leur offrir de l’alcool pour les encourager à se joindre à nous.
Étant tour par tour, Fire Emblem: Fortune’s Weave ne demande pas vraiment d’habileté à manipuler la manette. Toutefois, il s’agit d’un jeu de stratégie qui peut être complexe, surtout si on choisit de rendre la mort de nos unités permanente.
À un prix de détail de 99,99$ CAD (109,99$ en format physique), on ne vous fera pas croire qu’il s’agit d’un titre abordable. Toutefois, la quantité de contenu offerte dans ce titre aide beaucoup à rendre la facture plus facile à digérer.
Modes de jeu locaux
Mode histoire
Modes de jeu en ligne
Aucun.
Extensions (DLC)
Rien d’annoncé pour le moment, mais les derniers épisodes ont eu droit à du contenu téléchargeable. Il ne serait donc pas étonnant que la situation se répète ici.
Notre avis
Fire Emblem: Fortune’s Weave est un jeu DENSE. Imaginez-vous un énorme buffet à volonté abritant des montagnes de plats différents, et vous aurez une idée de la sensation qui vous habitera en jouant à ce nouvel épisode de la série de jeux de rôle de Nintendo.
Mais heureusement, la qualité ne cède pas sa place à la quantité; il s’agit sans contredit de l’épisode le plus peaufiné de la franchise, détrônant le déjà excellent Three Houses. Surpassant les trois protagonistes de Three Houses, on nous propose maintenant 4 quatre protagonistes, ayant chacun une histoire qui se répète beaucoup moins. La durée de vie s’en retrouve d’autant plus allongée.
Le système de jeu est également plus élaboré que jamais, avec de nouvelles classes qui s’ajoutent, comme l’aurige (charioteer), un archer conduisant un char d’inspiration romaine qui peut renverser les ennemis, ou le cavalier ornius, un guerrier polyvalent qui se déplace rapidement sur le dos d’un animal rappelant l’autruche.
Le système de dégradation d’armes est également changé; les attaques normales n’usent plus nos armes, mais les compétences spéciales oui. Une fois la durabilité d’une arme épuisée, celle-ci n’est pas détruite, mais elle se retrouve grandement affaiblie. Ayant joué à une tonne de jeux de la franchise, on trouve ce système un peu trop généreux envers les joueurs. Toutefois, pour les nouveaux venus, il s’agit d’un compromis raisonnable entre difficulté et plaisir.
Parlons également de la difficulté, puisque c’est souvent un point contentieux quand on parle de la franchise. Jadis, les épisodes de Fire Emblem avaient la réputation d’être très, très difficiles. Je peux moi-même confirmer avoir lâché quelques cris de frustration dans mon adolescence devant Path of Radiance en voyant une de mes unités tomber sous les coups d’un ennemi sorti de nulle part.
Mais depuis la «renaissance» amenée par Fire Emblem Awakening en 2013, la franchise s’est considérablement assagie. Déjà, on peut choisir si on veut que la mort de nos unités soit permanente. Mais même en mettant la difficulté à «Hard» et en sélectionnant la mort permanente, je dois admettre que Fortune’s Weave n’est pas l’épisode le plus difficile de la série, principalement à cause du sable divin qui nous permet de revenir en arrière quand une décision mène à des conséquences non-désirées.
Ceci étant dit, la difficulté n’a pas gâché notre plaisir (pour être 100% honnête, au moment d’écrire ces lignes, j’ai hâte de terminer ma rédaction pour retourner jouer encore un peu!)
Il nous faut également mentionner l’ajout de ce système de combat tour par tour traditionnel dans les donjons. C’est loin d’être le système de combat le plus complexe et nuancé au monde. Mais ces combats occupent une place relativement limitée dans le jeu, et ils remplissent parfaitement leur mission de renouveler l’expérience et de nous permettre de changer d’air un peu entre deux longs affrontements tactiques ou dans une longue séance d’exploration.
Le monde de Dagda est vaste et rempli de secrets. On apprécie également naviguer sur cette carte, et même après des dizaines d’heures de jeu, on a à peine l’impression d’effleurer la surface de ce qui s’offre à nous. On peut capturer de nouvelles montures, cultiver des légumes, pêcher, partir à la recherche de marchands offrant des marchandises rares, découvrir des donjons… les possibilités sont étourdissantes.

En fait, c’est peut-être là l’un des rares défauts de Fortune’s Weave; il est étourdissant. Lors de notre premier chapitre de protagoniste, on se sent dépassé par la quantité massive d’options qui s’offre à nous. C’est quasiment un exercice de laisser aller que d’accepter qu’on ne pourra pas tout voir, tout faire, et recruter tout le monde. Il faudra en laisser pour nos prochaines parties. C’est un problème, mais un vrai beau problème.
L’histoire est intrigante, mais demande quand même un certain niveau d’engagement de la part des joueurs. Puisqu’elle nous est racontée à travers le récit de quatre protagonistes différents, on a un peu l’impression d’assembler un puzzle dont l’image se clarifie au fil des nombreuses heures. C’est une histoire intéressante, mais qui exige beaucoup de patience.
Visuellement, sans être le jeu le plus ambitieux de la bibliothèqque Switch 2 (le prix irait probablement à la nouvelle version de The Witcher 3, mais c’est une autre histoire..), Fire Emblem se démarque avec une direction artistique visuelle remarquable. On s’attache immédiatement à certains personnages en raison de leur looks, et Dagsion, avec son architecture quelque part entre la Rome antique et le nord de l’Afrique est un décor intéressant pour nos aventures.
Bref, l’équipe d’Intelligent Systems nous offre avec Fire Emblem: Fortune’s Weave la version la plus achevée de leur série phare. C’est un épisode d’une générosité incroyable. En fait, si vous l’achetez maintenant, on doute que vous l’ayez terminé avant Noël, en tout cas, pas sans nuire à vos responsabilités!


